Io, l'altro
(Moi, l'autre)


Le Sicilien Giuseppe et l’immigré tunisien Youssef sont amis de longue date. Les deux hommes partagent le travail pénible de la pêche, les aléas du prix du poisson, les attaques des concurrents, mais aussi des moments de complicité joyeuse par l’évocation de leur famille, des parties de cartes ou des siestes au soleil.

Durant un jour et une nuit, en pleine mer, à bord de leur vieux chalutier Medea, l’amitié qui les lie va se teinter d’ambiguïté puis d’une réelle méfiance. Le trouble est semé par la radio, seul moyen de communication avec la terre, qui se fait l’écho des suites de l’attentat du 11 mars 2004 à la gare de Madrid.

Io, l'altro, est la 1ère œuvre du cinéaste d’origine tunisienne, Mohsen Melliti. Moi, l’autre, « l’autre », l’étranger, l’immigré, mais aussi, sans doute, cet « autre » qui sommeille en chacun de nous avec nos préjugés, nos soupçons : « un soupçon manipulé, une peur créée sur mesure », c’est la conviction de Mohsen Melliti. Avec une grande force dans le propos et les images, et avec des acteurs authentiques, il en fait l’excellente démonstration. Un film comme un symbole des conflits actuels et comme un reflet des angoisses du monde contemporain.

Propos du réalisateur :

« Il est inhérent à la nature humaine d’être au centre de quelque chose ; en mer, cependant, on ne peut pas être au centre.

Le voyage en mer des deux protagonistes est donc un mal nécessaire ; une traversée de tout ce qui est étranger et perturbant. Ni Ulysse ni Jason ne traversent la mer par amour du voyage : Ulysse tente de retrouver sa terre natale à la suite d’une longue guerre ; Jason essaie de conquérir la Toison d’Or dans un lointain pays ; ils sont donc mus par une nécessité pratique. C’est dans cette nécessité, cependant, qu’une histoire s’enracine, une histoire qui transforme les aspects concrets de leurs vies en symboles universels de l’humanité. »

Presse :

« Le film présente des dialogues brillants et originaux, dits avec passion et habileté dans la langue sicilienne de Raul Bova et dans l’incroyable ‘italien à la tunisienne’ de l’acteur sicilien Giovanni Martorana. L’évolution très rapide des faits démontre de la part de Melliti un vrai talent pour la direction des acteurs, pour l’écriture des dialogues et pour le choix de traiter un thème politique dans un contexte presque abstrait et humble, mais à l’échelle humaine. » (Chiara Renda – Mymovie.it)

Josette Luciani
Italie, 2007
1h20

Réalisation et scénario : Mohsen Melliti
Photographie : Maurizio Calvesi
Musique : Louis Siciliano, Roberto Calavalle
Interprètes : Raoul Bova, Giovanni Martorana
Source : Trees Pictures
Entretien (Mohsen Melliti) et extraits
Site du film (italien)

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