Reflets du cinéma méditerranéen

L'invitation au voyage

Le 24 novembre dernier, nous avons eu la chance d'accueillir, un très grand historien de la Méditerranée, Pedrag Matvejevic, professeur à l'université de Rome, auteur notamment de Bréviaire méditerranéen (Petite Bibliothèque Payot, 1995) et de La Méditerranée et l'Europe (Editions Stock, 1998). Lors de sa conférence publique à Mayenne, il s'interrogeait : "L'Union européenne se fait sans références à la Méditerranée : une Europe coupée du "berceau de l'Europe". Comme si on formait une personne en la privant de son enfance ou de son adolescence !... La Méditerranée existe-t-elle autrement que dans notre imaginaire ?" Sa note de conclusion était plus ouverte : "Ce grand amphithéâtre a trop de temps joué, il faut bien le reconnaître, le même répertoire : au point que les gestes de ses acteurs sont souvent connus ou prévisibles. Son génie a pourtant su, à toute époque, réaffirmer sa créativité, renouveler sa fabulation, à nulle autre pareille."

A la suite de Predrag Matvejevic, nous vous invitons à un beau voyage autour de la Méditerranée, à la rencontre de son "génie", entre imaginaire et réalité : permanence des mythes, douleur des affrontements avec la modernité, puissance de la nostalgie et élans de créativité. Vous n'avez pas beaucoup à vous déplacer ! En plein mois de mars, il vous suffit d'entrer dans un des 11 cinémas du département et de découvrir quelques uns des 40 films méditerranéens que nous avons sélectionnés pour vous et que nous offrons maintenant à vos regards.

Commençons le voyage par notre propre pays : Marseille, le Midi de la France. Nous avons d'abord voulu rendre hommage à l'un des plus populaires de nos cinéastes, Marcel Pagnol, à travers le film d'Yves Robert, La Gloire de mon père, que le réalisateur viendra présenter lui-même à Evron, ainsi que Toni de Jean Renoir.

D'autres hommages seront rendus à des cinéastes marseillais contemporains, très engagés dans le combat social : Paul Carpita, qui viendra lui-même à la rencontre des spectateurs, Robert Guédiguian, qui a connu un succès public mérité avec Marius et Jeanette, mais dont voulons faire découvrir d'autres films.

Les autres films français proposés, Bye bye de Karim Dridi et Mémoires d'immigrés de Yamina Benguigui, en des styles très différents, par le biais de la fiction ou du documentaire, abordent d'une manière positive les problèmes d'immigration.

Passons en Italie. Malgré Roberto Begnigni, Nanni Moretti et quelques autres, le cinéma a quelque mal à s'y renouveler et reste dominé par son glorieux passé. Cédons à la nostalgie en retrouvant un chef-d'oeuvre du néo-réalisme, Le Voleur de bicyclette de Vittorio de Sica, ainsi que le beau film, un peu méconnu, de Rosi, Le Christ s'est arrêté à Eboli, et l'autobiographie savoureuse du maestro Fellini, Amarcord. Le très familial Cinéma Paradiso, avec Philippe Noiret, complète la programmation.

Au-delà de l'Adriatique, nous arrivons vers les côtes de la Grèce puis de la Turquie. Au risque de méconnaître le cinéma grec dans sa diversité, nous célébrerons l'oeuvre d'un homme consacré par une Palme d'or l'an dernier à Cannes, Theo Angelopoulos. Il sera présent en personne lors de la projection de L'Eternité et un jour, en séance de clôture le 24 mars à Laval. N'oubliez pas de réserver votre soirée !

Malgré une rétrospective récente au Centre Pompidou à Paris, il est très difficile d'accéder en France au cinéma turc. Nous vous donnons l'occasion de découvrir un film italo-turc récent, Hammam de Ferzan Ozpetek, ainsi que le dernier film d'Ömer Kavur, probablement le meilleur cinéaste actuel.

Continuons notre périple vers le Moyen-Orient. Nous aurons le meilleur des guides avec une autre Palme d'or, Costa-Gavras dont le film Hanna K inaugurera le festival le 3 mars à Laval.

Plusieurs films israéliens et palestiniens exposent le conflit de ces deux peuples sous ses diverses facettes, avec une grande attention aux destinées individuelles, un souci de la justice et aussi - en tout cas dans Chronique d'une disparition et Yom yom - l'humour qui cherche à sauver du désespoir.

L'Egypte dispose d'une riche tradition de films populaires dont Youssef chahine - fêté à Cannes l'an dernier pour l'ensemble de son oeuvre - est le plus brillant héritier. Nous présenterons deux de ses films : Le Sixième jour avec Dalida et son dernier succès, Le Destin, brûlot anti-intégriste à travers l'éloge du philosophe Averroès. Un autre film, La Sueur des palmiers de Radwan El-Kashef, récemment primé au Festival des 3 Continents à Nantes, mérite d'être découvert par un grand public.

Nous bouclons notre parcours avec le Mahgreb. Le cinéma le plus riche est celui de la Tunisie. Nous avions accueilli en Mayenne, il y a quelques années, Ferid Boughedir, lors de la sortie de son premier film, Halfaouine. Nous nous réjouissons de le recevoir à nouveau, à Mayenne, le 23 mars pour Un été à la Goulette, un second film très bon enfant avec Claudia cardinale. Vous pourrez aussi voir un autre film tunisien : le classique Homme de cendres de Nouri Bouzid.

Victime de la guerre atroce qui déchire lepays, le cinéma algérien est aujourd'hui sinistré et pratiquement plus rien n'est produit. Le film kabyle, La Montagne de Baya d'Azzedine Meddour, est un des très rares à briser le silence ; nous vous convions à l'écouter et à le regarder avec attention.

Il y a peu de films marocains et ils ne sont presque jamais montrés en France. Nous avons pu voir et apprécier Les Amis d'hier, l'été dernier à l'Institut du Monde Arabe et nous avons voulu vous faire partager cette découverte.

Voilà un aperçu du voyage qui commence pour vous... Rendez-vous à partir du 3 mars dans les salles obscures de la Mayenne !

Antoine Glémain

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Programmation

- Hanna K de Constantin Costa-Gavras

- A la vie, à la mort de Robert Guédiguian

- Dieu vomit les tièdes de Robert Guédiguian

- Toni de Jean Renoir

- D'Angèle à Toni de Alain Bergala

- La Gloire de mon père de Yves Robert

- Les Sables mouvants de Paul Carpita

- Mémoires d'immigrés de Yamina Benguigui

- Bye Bye de Karim Dridi

- Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore

- Le Christ s'est arrêté à Eboli de Francesco Rosi

- Amarcord de Federico Fellini

- Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica

- L'Eternité et un jour de Theo Angelopoulos

- Le Pas suspendu de la cigogne de Theo Angelopoulos

- Hammam de Ferzan Ozpetek

- La Tour de l'horloge de Ömer Kavur

- La Vie selon Agfa de Assi Dayan

- Le Conte des trois diamants de Michel Khleifi

- Yom Yom de Amos Gitaï

- Chronique d'une disparition de Elia Suleiman

- Le Destin de Youssef Chahine

- Le Sixième jour de Youssef Chahine

- La Sueur des palmiers de Radwan El-Kashef

- Un été à la Goulette de Ferid Boughedir

- L'Homme de cendres de Nouri Bouzid

- La Montagne de Baya de Azzedine Meddour

- Les Amis d'hier de Hassan Benjelloun

Courts métrages

- Hammam de Florence Miailhe

- La Falaise de Bensaïdi Faouzi

- Le Train de six heures de Kamela Abou Zikra

Paul Carpita

- Marseille sans soleil

- Demain l'amour

- Adieu Jésus

Programmation scolaire

- Les Aventures de Pinocchio de Luigi Comencini

- Crin Blanc de Albert Lamorisse

- L'Enfant au grelot de Jacques-Rémy Girerd

- La Strada de Federico Fellini

- Le Cercle parfait de Ademir Kenovic
Reflets du cinéma méditerranéen
du 03 mars au 24 mars 1999


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