Reflets du cinéma nordique

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Nous ne prétendons pas proposer une vision d'ensemble de la très riche filmographie des pays nordiques, comme le fait par exemple le Festival du cinéma nordique qui a lieu chaque année à Rouen.

Notre sélection de 17 longs métrages et 7 courts métrages est partielle et partiale. Elle est affectée aussi par l'absence de films comme Adalen 31 de Bo Wideberg, La Faim de Henning Carlsen, Pelle le conquérant de Bille August, Ma vie de chien de Lasse Hällstrom, La Saga de Gisli de Agust Gudmundsson, Junk mail de Pal Sletaune..., auxquels nous tenions beaucoup, mais dont nous n'avons pu obtenir de copies.

Nous pensons cependant avoir réuni de bons films, en nous en tenant à quelques principes élémentaires de choix :

- Présenter des films que nous avons pu nous-mêmes visionner.

- Présenter seulement des films en version française ou en version originale avec sous-titres français (sauf un court métrage sous-titré en anglais).

- Retenir un seul long métrage par réalisateur (avec une seule exception pour Lars Von Trier, auquel nous consacrons une soirée spéciale).

- Retenir au moins un film pour chacun des 5 pays nordiques (dans la sélection de longs métrages, si le Danemark se taille la part du lion avec 11 titres, il y a aussi 2 films suédois, 2 norvégiens, 1 finlandais et 1 islandais).

- Donner un aperçu de la production récente, au détriment des pionniers comme Victor Sjöström ou Mauritz Stiller et même des grands maîtres comme Carl Theodor Dreyer et Ingmar Bergman, présents tout de même chacun avec un film majeur, Ordet (La Parole) pour le premier, La Flûte enchantée pour le second.

Au programme, donc, en séances publiques, nous vous proposons d'abord de découvrir un film inédit en France, Le Menteur. Adapté d'un roman célèbre au Danemark, il raconte l'histoire d'un instituteur qui doute de sa capacité à exercer son métier et s'interroge sur le mensonge qu'est devenue sa vie. Son metteur en scène, Knud Leif Thomsen, primé notamment au festival de Berlin, est établi depuis plusieurs années en France ; nous l'avons rencontré dans sa résidence du département voisin de l'Orne. Il nous fait l'honneur d'accepter d'inaugurer notre manifestation à Laval le 3 mars.

Entre les nombreux films de Bergman, nous avons longtemps hésité ; il n'y avait que l'embarras du choix : Monika, Le Septième sceau, Les Fraises sauvages, Sonate d'automne, Cris et chuchotements, Fanny et Alexandre... Nous avons choisi finalement La Flûte enchantée, d'une inhabituelle alacrité dans l'univers d'une extrême noirceur du metteur en scène suédois. Ce film, plastiquement superbe, manifeste l'amour d'Ingmar Bergman pour la représentation théâtrale et la musique de Mozart et il peut toucher, pensons-nous, un assez large public.

Plus difficile d'accès, peut-être, Ordet (La Parole) de Carl Theodor Dreyer. Ce drame mystique n'est rien moins qu'un des chefs-d'oeuvre de l'histoire du 7è art. Un stage d'analyse du film sera animé par le critique et universitaire Alain Bergala. Invité par nos soins il y a trois ans à parler de Les Fraises sauvages (de Bergman) et de Man hunt (de Fritz Lang), il avait su captiver un auditoire très fourni.

Le réalisateur Lars Von Trier s'est imposé depuis quelques années comme le nouveau chef de file du cinéma nordique. Nous présentons son plus grand succès, un mélodrame flamboyant, Breaking the waves (prix spécial du jury et prix d'interprétation féminine pour Emily Watson à Cannes en 1996). Celles et ceux qui voudraient faire plus amples connaissance avec le cinéma de Lars Von Trier ne doivent pas manquer la projection à Laval qui sera suivie du premier film choc du réalisateur, Element of crime.

"Lars Von Trier déclarait à Cannes qu'"un film devrait être pareil à un caillou dans une chaussure". Après avoir visionné les 120 minutes hallucinantes de Element of crime, on se croirait plutôt les pieds coulés dans le béton, après que ceux-ci aient été préalablement décharnés et malaxés par un broyeur géant" (Christophe Gofette : Le petit livre des films cultes)

Le réalisateur et acteur Erik Clausen est très connu au Danemark pour ses films, ancrés dans la réalité sociale contemporaine et qui expriment les préoccupations de "l'homme moyen". Dans Moi et mama mia (Un poney pour deux), une petite fille, ayant perdu sa mère, se prend d'affection pour un poney qu'elle installe dans son appartement. Erik Clausen joue également le rôle principal dans Le Jour de la grande baignade de Stellan Ollson, où, dans l'ambiance d'un quartier ouvrier de Copenhague, un petit garçon découvre que son père n'est pas un héros.

Un autre invité sera Peter Madsen, créateur de bandes dessinées et de films d'animation inspirés des légendes scandinaves. Son film pour enfants Valhalla sera projeté à de nombreuses occasions.

Il y a relativement peu de films norvégiens, et encore moins en circulation sur les écrans français. L'une des exceptions est constituée par Dis papa de René Bjerke. Le conflit père/fils y est traité avec beaucoup d'acuité, sur fond d'une dérive dans les eaux du fjord d'Oslo. René Bjerke a accepté, lui aussi, de venir nous rencontrer.

Une des originalités du cinéma et, plus généralement, de la culture des pays nordiques (que l'on pense à la Maison de poupée d'Ibsen ou à Gertrud de Dreyer) est la place qu'y occupe l'affirmation féminine et féministe. Plusieurs femmes de grand talent, comme Mai Zetterling, Astrid Henning-Jensen, Suzanne Osten, Liv Ullman... se sont affirmées comme réalisatrices. Nous espérons accueillir l'une d'entre elles, Susan Bier, dont le premier film, Freud quitte la maison - comédie douce-amère où une jeune fille cherche à échapper à l'enfermement familial - a obtenu, entre autres, le Grand Prix du public au festival Premiers Plans à Angers en 1992.

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Programmation

- La Beauté des choses de Bo Wideberg

- Breaking the waves de Lars Von Trier

- Dis, papa de René Bjerke

- Eggs de Bent Hamer

- Element of crime de Lars Von Trier

- Les Enfants de la nature de Fridrik Thor Fridriksson

- La Flûte enchantée de Ingmar Bergman

- Freud quitte la maison de Susanne Bier

- Les Héros de Thomas Winterberg

- J'ai engagé un tueur de Ali Kaurismaki

- Le Jour de la grande baignade de Stellan Olsson

- Le Menteur de Knud Leif Thomsen

- Moi et mama mia de Erik Clausen

- Ordet de Carl Theodor Dreyer

- Le Secret de Moby Dick de Jannik Hastrup

- Valhalla de Peter Madsen

Courts métrages

- Linnea dans le jardin de Monet de Lena Anderson et Ch. Bjork

- La Solitude des profondeurs de Joachim Solum et Th. Lien

- Derailment de Unni Straume

- Le Garçon qui marchait à reculons de Thomas Winterberg

- Barbut de Ole Askman

- Birdland de Jannik Hastrup

- Tango jalousie de Jannik Hastrup
Reflets du cinéma nordique
du 04 mars au 24 mars 1998


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