Reflets du cinéma d’Amérique latine

Un renouveau du cinéma de l'Amérique latine

Bien que des films aient été produits à Cuba, au Mexique, au Venezuela, au Brésil, en Argentine, en Uruguay dès la fin du XIXe siècle, bien que des cinémas nationaux assez puissants se soient constitués au Brésil, au Mexique et en Argentine dès les années 1930, le cinéma latino-américain a émergé vraiment sur la scène internationale dans les années 1960 avec les réalisateurs du "cinéma novo" brésilien, comme Glauber Rocha, Ruy Guerra, Nelson Pereira Dos Santos, Carlos Diegues, ainsi que d'autres personnalités comme le Bolivien Jorge Sanjinès, l'Argentin Fernando Solanas, le Cubain Tomas Gutiérrez Alea, les Chiliens Raul Ruiz, Helvio Soto, Patricio Guzman et Miguel Littin. Ce premier cinéma latino-américain était tout à fait révolutionnaire. En un sens politique d'abord, avec un engagement "anti-impérialiste" très marqué, dans le prolongement de la révolution cubaine. Mais aussi en un sens esthétique, avec l'affirmation d'un cinéma d'auteurs - dans le sillage des nouvelles vagues européennes -, des expérimentations formelles audacieuses, la recherche d'un style spécifiquement latino-américain. Son efflorescence fut brève : sous le règne des dictatures sanglantes, liées par le pacte du Condor, il s'étiola, avant de disparaître presque complètement à l'aube des années 1980.

Depuis quelques années, cependant, un cinéma exigeant refait surface, lentement, presque timidement, en Amérique latine. Porté par quelques "anciens", comme Fernando Solanas ou Patricio Guzman, mais surtout une constellation de nouveaux talents, il est très différent de celui des années 1960. Plus hétérogène sans doute, moins assuré de son identité. Son épicentre se situe plutôt en Argentine, même si des oeuvres de valeur surgissent aussi un peu partout. Marqué par une grande diversité d'influences, de genres et de styles, il a renoncé aux tentations de la propagande, souvent pour mieux prêter attention aux individus, scruter avec acuité leurs comportements, leurs moeurs, leurs univers imaginaires, témoigner de la violence persistante des rapports sociaux et parfois se livrer à un passionnant travail de mémoire, par le biais du documentaire comme de la fiction.

A l'occasion de la 8e édition du festival, nous avons le plaisir de présenter au public mayennais des reflets substantiels de ce cinéma en plein renouveau.

Antoine Glémain


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Programmation

- 21 grams de A. Gonzalez Iñarritu

- 25 watts de Juan Pablo Rebella

- A la gauche du père de L. F. Carvalho

- Bolivia de Adrain Caetano

- Avril brisé de Walter Salles

- Central do Brasil de Walter Salles

- Le Cas Pinochet de Patricio Guzman

- La Caja negra de Luis Ortega

- Cuba son de Yves Billon

- La Cité de Dieu de Fernando Meirelles

- Demasiado amor de Ernesto Rimoch

- L'Empire de la fortune de Arturo Ripstein

- En temps réel de Fabrizio Prada

- Frida de Julie Taymor

- Sylvia Prieto de Martin Rejtman

- Entre ciclones de Enrique Colina

- Historias minimas de Carlos Sorin

- La Leçon de tango de Sally Potter

- Loco 33 de Diego Arsuaga

- Mercano le martien de Juan Antin

- Je vis au Brésil de Mika Kaurismaki

- La Chimère des héros de Daniel Rosenfeld

- Les Terres de l'ogre de Sami Kafati

- Siete dias, siete noches de Joel Cano

- Le Silence de Neto de Luis Argueta

- Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov

- Toutes les hôtesses de l'air vont au paradis de Daniel Burman

- Tan de repente de Diego Lerman

- Le Voyage de Fernando Solanas

- L'Homme sans tête de Juan Solanas

- Taxi para tres de Orlando Lübbert

Voix indiennes par Pierre Guicheney

- Uhiri (La Forêt) de Volkmar Ziegler

- Video nas aldeias (Vidéo dans les villages)

Cinéma expérimental

- Valentin de las sierras de Bruce Baillie

- Spacecut de Werner nekes

- Castro street de Bruce Baillie

- The west de Vasulka Steina

Autres projections

- Sinon j'étouffe de Nicolas Azalbert

- Molakana - Coudre le monde... de Michel Perrin

Programmation scolaire

- Des rois qui voulaient plus qu'une couronne

- La Mouette et le chat de Enzo d'Alo

- Les Pingouins à la rescousse de Franco Bittolo

- Les Aventures de Naïca de Elisabeta Bostan

- Le Chemin de la liberté de Philip Noyce

- Délits flagrants de Raymond Depardon

- Le Fils adoptif de Aktan Abdykalykov

- Los olvidados de Luis Buñuel
Reflets du cinéma d’Amérique latine
du 16 mars au 31 mars 2004


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